Des stupas, des temples et des sadhus à Katmandou

Dans ce billet, nous avons recensé la plupart des sites majeurs à visiter (ou à éviter) dans la vallée de Katmandou. Nous vous les présentons dans l’ordre où nous les avons visités, mais comme nous le mentionnions dans notre précédent billet toutes ces visites peuvent se faire en trois ou quatre jours seulement.

Jardin des rêves

D’abord, parlons du site le plus près, dans le quartier touristique de Thamel, le jardin des rêves. Il a été aménagé en 1920 par le fils du premier ministre, il couvrait 1,6 hectare à l’origine et comptait six pavillons. Il en est maintenant réduit à un demi-hectare et ne compte plus que trois pavillons. Il est bien joli, mais il est bien petit. Oui, c’est une bouffée de verdure et de fraîcheur dans la chaleur poussiéreuse de Katmandou, mais n’y allez pas le samedi parce que c’est jour de congé pour les Népalais et le parc est envahi. Quant au restaurant coup de coeur du Lonely qui y est logé, le Kaiser Café, il n’est vraiment pas à la hauteur de sa réputation. Alors, oui on peut y passer faire un tour, l’entrée est de 200 roupies, mais on ne manque pas grand-chose en passant son tour.

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C’est le point central du jardin.

Une journée au Musée national et au Swayambhunath stupa, aussi appelé le Monkey Temple.

Nous prenons un taxi (500 roupies / 5 $CAN) pour nous rendre au Musée national. À peine 4 km et une trentaine de minutes plus tard nous y arrivons. Le musée qui n’a pas vraiment l’envergure d’un musée compte un personnel nombreux, mais on ne sait trop à quoi il sert. Tout est vieux, mal entretenu, poussiéreux et mal mis en valeur. Il y a cependant plusieurs très belles pièces et de bonnes explications. La visite vaut la peine si on a du temps devant soi.

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Nous montons dans un autre taxi (200 roupies) et nous débarquons au pied de la colline sur laquelle est juché le Monkey Temple. On y monte par un bel escalier construit au début du XVIIe siècle, entourés de macaques rhésus toujours à la recherche de nourriture.OLYMPUS DIGITAL CAMERA

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Attention à votre bouffe et même à vos bouteilles d’eau, car vous risquez de vous les faire voler.

Arrivés au bout de quelques centaines de marches, nous apparaît le magnifique stupa blanc de Swayambhunath qui aurait été construit vers l’an 460. Le site fait partie du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Autour du stupa, des centaines de moulins à prières attendent les pèlerins, et nous aussi.

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Selon la culture bouddhique, le moulin à prières est un cylindre rempli de mantras (prières) pouvant être tourné sur lui-même autour de son axe. Plus il est gros, plus il contient de mantras. Les moulins sont la plupart du temps disposés en longues séries. Les fidèles les font tourner l’un après l’autre avec leur main droite et toujours dans le sens des aiguilles d’une montre pour que les mantras soient lus dans le même sens qu’ils ont été écrits. Les prières sont alors censées se répandre dans le ciel.

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Sur la partie carrée qui surmonte le dôme du stupa, on retrouve, sur chaque face, le regard de Bouddha. Le point d’interrogation à la place du nez signifie le chiffre un en népali, symbole de l’unité de toute vie. Quant au troisième oeil situé au-dessus et entre les yeux (qu’on ne voit pas ici), il représente la clairvoyance du Bouddha. Cette pratique est propre à la vallée de Katmandou.

D’autres temples bouddhiques et hindous avec encore des moulins à prières, des drapeaux de prières et des lampes à beurre qui dégagent une odeur particulière entourent le stupa. Bref un très beau site à visiter, un impératif à Katmandou.

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Il faut aussi parler d’un autre phénomène propre au Népal. Contrairement aux autres pays bouddhistes et hindous où ces deux religions sont séparées, au Népal, elles sont entremêlées. On croit comprendre que les gens sont soit bouddhistes soit hindous en fonction de leur caste (oui, elles existent encore au Népal et contrairement à l’Inde, le gouvernement n’aurait pas aboli ce système. Il y aurait plus d’une centaine de castes et de groupes ethniques, cependant, les jeunes de plus en plus instruits y accordent de moins en moins d’importance). Ainsi, les bouddhistes prient aussi pour des dieux hindous et vice versa. C’est pourquoi, souvent, autour des stupas bouddhistes, on retrouve des temples dédiés à des dieux hindous. L’ouverture d’esprit!

Pour le retour, une bonne marche en passant par Le quartier spécialisé dans les mâlâs (colliers de prières bouddhistes) jusqu’à Thamel, quartier des hôtels, boutiques et restaurants. Ici, on se permet une mention spéciale pour notre hôtel le Karma Boutique Hotel, c’est propre, la literie est confortable, petit déjeuner copieux et diversifié, personnel aimable et le gérant, monsieur Lama, vraiment aidant, et tout ça à un très bon prix.

Visites du stupa Bodhanath et du site Pashupatinath

Pour aller visiter le plus grand stupa d’Asie, nous avons dû prendre un taxi et payer encore 500 roupies. L’entrée au site est de 1 000 roupies (11 $ CAN), comme tous les autres sites. Le stupa Bodhanath n’a pratiquement pas été affecté par le tremblement de terre de 2015. Le site était en cure de blanchissement à la chaux lors de notre passage et on commençait à y réinstaller les nombreux drapeaux à prières.

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OLYMPUS DIGITAL CAMERAIl est magnifique et tout autour, les maisons de trois et quatre étages semblent avoir toutes été rénovées récemment de sorte que l’environnement est très agréable. Le quartier serait surtout habité par des réfugiés tibétains qui ont fui la Chine après 1959 et il existe de nombreux monastères et fabriques de produits essentiels à la vie des moines (lampes à beurre, tambours, trompes, etc.). C’est le plus beau site que nous avons visité jusqu’à présent au Népal et, évidemment, c’est un incontournable pour nous.

Les belles maisons de la place Bodhanath.

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Un moine faisant la statue afin d’obtenir des offrandes

Il n’y a pas d’âge pour tourner les moulins à prières peu importe la grosseur. Certains sont vraiment très difficiles à faire tourner.

Ensuite, nous nous dirigeons vers le temple hindou Pashupatinah situé à environ trente minutes de marche. Mais depuis la visite au stupa, Jean-Pierre cherche constamment un guichet automatique (ATM) pour retirer des roupies. Il semble que le quartier ne soit pas propice à des retraits d’argent et encore moins pour des retraits internationaux (Cyrrus), de sorte que nous arrivons près du temple bouddhique sans avoir suffisamment d’argent pour entrer. On demande, et redemande, et on nous fait toujours le même signe pour nous montrer une direction (pas toujours la même, mais toujours à cinq minutes). Aucun guichet en vue peu importe la direction. Comme il est déjà tard en après-midi, qu’il fait très chaud et qu’il nous reste juste assez d’argent pour retourner à Thamel, on se dit « tant pis pour le temple, on reviendra une autre fois ». On aura quand même vu les ghats cérémoniels pour la crémation, mais il n’y avait aucune activité.

Les gaths étaient bien tranquilles lors de notre passage. Seules activités, une femme faisant des offrandes à la rivière, des jeunes fouillant avec leurs mains le fond de la rivière à la recherche de quelques pièces ou de bijoux et quelques sadhus qui, nous l’imaginons, squattent les lieux.

Un sadhu à la fenêtre

Quelques jours plus tard, nous sommes finalement retournés à Pashupatinath en revenant de Bakthapur. Et heureusement! Un taxi, 500 roupies, et hop, 45 minutes pour faire à peine 4 km.

Après l’entrée à 1 000 roupies chacun, nous arrivons sur le site qui est immense. Nous voyons le temple principal, dédié à la face paisible de Vishnu, le dieu Pashupati, maître du troupeau paisible et bienveillant. Celui-ci est interdit aux non-hindous, mais ça, nous le savions déjà. C’est quand même dommage. Où aller ? Nous rencontrons un guide parlant français et décidons de faire la visite avec lui. Pour 500 roupies, nous devrions maximiser notre tour et nous croyons que ce fut fort avantageux.

Le plus impressionnant sur ce site, ce sont les ghats, (nous nous rendons rapidement compte que la partie que nous avions vue la première fois était à l’extrémité du site et c’est probablement pour cela qu’ils étaient aussi tranquilles;-), les multiples petits temples et les nombreux sadhus pour le bonheur particulier de Dominique.

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Notre guide nous emmène voir les sadhus et nous dit en croisant le premier, « pour les photos, il faut lui donner 50 roupies, il ne partage pas. Ceux-là, un groupe de cinq un peu plus loin, c’est 100 roupies chacun parce qu’ils partagent avec les pauvres du coin. » Ouan! Ok, bénédiction par le sadhu en chef, tica sur le front, allons-y pour les photos. Quelques minutes plus tard, ils insistent pour que Jean-Pierre s’assoie avec eux pour les photos.

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Mais là, ça ne fait pas partie du deal et ils demandent 2 000 roupies… et le guide insiste aussi… Dominique est occupée avec sa séance de photos et ne s’occupe pas des pourparlers de JP. Sa grosse négociation se termine à 1 000 roupies avec le fort sentiment de s’être fait avoir… Dominique quant à elle n’est pas très fière de lui sur ce coup-là. Quelques coins plus loin, un autre groupe de quatre sadhus. Ils sont tellement photogéniques! Mais c’est Dominique qui négocie cette fois-ci et il n’y a plus de guide, alors ils n’ont que 50 roupies chacun même s’ils en demandent plus… Morale de l’histoire, laisser Dominique négocier… Mais c’est un rituel, Jean-Pierre doit toujours se faire avoir une ou deux fois au début de chaque voyage avant de se rappeler que dans notre couple, ce n’est pas son rôle de négocier ;-). Pour celles et ceux qui ne le savent pas, Dominique est une négociatrice hors pairs aussi tenace qu’un Arabe. Ce n’est pas peu dire!

Le orangé sur le visage de ce sadhu n’est pas saturé, il était littéralement fluorescent.

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Quant aux ghats, on dit qu’ils sont aussi importants pour les hindous du sous-continent indien que ceux de Varanasi en Inde et que la Bagmati serait aussi sacrée que le Gange. À notre arrivée, deux feux de crémation brulaient alors que deux autres dépouilles ont été apportées. Pour la préparation des corps, de l’eau sacrée leur est versée dans la bouche pour leur purifier l’intérieur, un peu d’eau de la rivière leur est aspergé pour nettoyer l’extérieur, leurs vêtements leur sont enlevés et jetés dans la rivière et ensuite on les transporte, bien enveloppés dans linceul, sur les buchers. Assez spécial. Dans le temple hindou, il y a aussi, comme à Varanasi, le mouroir où les personnes âgées et malades peuvent aller vivre leurs derniers moments.

Sur les ghats, deux feux de crémation brûlaient à notre arrivée sur le site.

Sur les ghats, (à gauche sur la photo), les membres de la famille préparent le corps du défunt avant de le transporter sur le bûcher qui lui est destiné.

Cette visite est vraiment un must à Katmandou et nous croyons que la fin de la journée est un bon moment pour y aller même si le retour à Thamel a pris plus d’une heure quinze pour ce même petit 4 km. Trafic tu dis! Dix fois pire qu’à Montréal à l’heure de pointe.

Une journée dans le sud de la vallée de Katmandou, Dakshinkali, Pharping et Chobhar.

Cette fois-ci, nous avions décidé de sortir des sentiers battus et louons une voiture (50  $USD) pour aller visiter quelques temples recommandés par le Lonely dans le sud de la vallée. La destination ultime est le temple de Dashinkali, un lieu de pèlerinage très apprécié des hindous dédié à la déesse Kali, l’incarnation sanguinaire de Parvati, l’épouse de Shiva. Simple, non! Mais les cérémonies, et le sang des sacrifices coulant à flots n’ont lieu que le mardi et le samedi. Donc, calme plat lors de notre visite, les nombreux étals de bibelots, fleurs et autres objets pour les oboles bordant la voie d’accès au site étaient fermés en majorité. Quant au temple, bof!

Le temple Dakshinkali

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Un sadhu

Sur la route de retour, on s’arrête au temple hindou de Pharping qui est construit juste à côté d’un monastère bouddhique. Un autre exemple de la proximité des religions. Ils ne présentent pas vraiment d’intérêt, mais nous avons constaté que la corruption commence tôt. À notre arrivée à l’entrée du site, trois jeunes, que nous qualifierions chez nous de petits bums, nous accostent pour nous vendre les billets d’entrée. C’est bien inscrit sur le billet que c’est la municipalité de Pharping et le jeune en chef nous dit : « C’est 400 roupies avec les tickets ou 200 roupies sans tickets ». On prend donc les billets, pas question d’encourager ces p’tits malins dans leur magouille ;-). À notre retour à la voiture, le jeune en chef demande à notre chauffeur de lui payer le stationnement, ce que le chauffeur refuse. Il nous dira ensuite que l’entrée à ces temples est gratuite, tout comme le stationnement, et que les jeunes nous ont bien eus!

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L’escalier menant au temple Pharping

Le temple Pharping

Le temple Pharping

Troisième arrêt, le temple de Chobhar. En rénovation et pluie torrentielle.

En conclusion, les visites des trois temples ainsi que le trajet en voiture, qui est d’environ 20 km dans chaque sens sur une route ultra défoncée et qui prend plus de 1 h 30, ne valaient pas l’argent investi. Le chauffeur nous a d’ailleurs mentionné au cours du voyage qu’il conduisait rarement des touristes dans cette région.

Plus de photos de sadhus ici et des sites visités sur notre page Facebook

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10 réflexions sur “Des stupas, des temples et des sadhus à Katmandou

  1. Va falloir que Jean-Pierre laisse poussé barbe et cheveux pour compétitionner avec les sadhus 🙂 En passant , les photos de lui avec les sadhus sont supers !!! Tu l’as l’affaire.

    Aimé par 1 personne

  2. Cré Jean-Pierre t’es magnifique en sadhu qui se fait avoir en négos ! Et les photos sont aussi magnifiques , surtout le sadhu saturé ! Tous ces temples et monastères qui se côtoient démontrent bien qu’il y a moyen de de vivre tout simplement selon ses idées du moment. Mais , c’est aussi comme ici, des voyous il y en a partout . Même avec des gens avertis comme vous, ils savent y faire. Il y a de belles leçons de vie dans votre billet ! Tous ceux qui ont l’intention de visiter Katmandou seront prévenu. Gros bisous d’amour à vous deux.

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    • JP, c’est mon sadhu personnel ;-). Et oui, il peut y avoir des entourloupes même dans des endroits où on ne croirait pas ça possible. Heureusement, ce n’était qu’une babiole dans ce cas-ci, mais c’est quand même très frustrant de se laisser prendre par de petits barbeux, surtout qu’on avait comme un sentiment qu’il y avait anguille sous roche.

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  3. Moi je payerais bien 2000 roupies pour me faire photographier avec ton shadue à barbe blanche et l’air gêné ! On ne s’ennuie pas à vous lire et à regarder vos photos !

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  4. Pingback: Bhaktapur, c’est avec plaisir qu’on la parcourt | Un tuk-tuk pour deux

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