On fait la vague pour la région de Page et Lake Powell

Région de Page et Lake Powell, du 27 au 30 avril 2022

La prochaine destination est la région de Page et du lac Powell, situés à environ 225 kilomètres au nord-est du Grand Canyon. D’abord un bout de route sur la 64 avec plusieurs arrêts/points de vue sur le canyon et notamment le Desert view Point qui mérite qu’on s’y attarde. Ensuite la 89 Nord qui offre des paysages fantastiques avec ses montagnes d’argile ocre

et, juste avant Page, le stop «obligatoire» avec un stationnement payant, au Horseshoe Bend. Après une petite marche d’environ un kilomètre, on y découvre le canyon de l’Arizona en forme de fer à cheval, une autre incongruité de la nature très lucrative par ailleurs! À 10 $ US la voiture, le stationnement ne dérougit pas, il y a presque une file d’attente. Les gens ne doivent pas y passer plus d’une heure… le temps de prendre LA PHOTO le plus en équilibre possible derrière la barrière sur le bord du ravin et c’est réglé, on repart! Mais c’est vraiment magnifique!

À Page, on s’installe au Lone Rock Campground à quelques kilomètres au nord de la ville. Le camping est situé juste sur la rive du lac Powell. Une immense plage de sable et de gravier incite les VR à s’installer n’importe où et n’importe comment. Mais attention c’est sablonneux et il faut se garer là le véhicule le permet au risque de devoir faire affaire avec la dépanneuse qui attend certainement à proximité. Jean-Pierre n’a pas du tout envie de s’enliser et Dominique l’ayant bien mis en garde de ne pas fanfaronner en s’aventurant trop loin, nous nous accordons pour un emplacement semblant sans danger à distance raisonnable du lac, mais avec une superbe vue. Autre facteur à prendre en compte, le vent. Au diable les repas à l’extérieur lorsque présent et trop fort. Mais bon, le spot généralement venteux est magnifique! 

Avant de nous installer, un détour s’impose pour trouver de l’information et nous nous arrêtons à la Chambre de commerce de Page. Le monsieur, bien gentil mais essentiellement un revendeur de forfaits, nous offre des tours pour voir le Antelope Canyon (lower et upper) en territoire Navajo. C’est plus précisément un slot canyon, c’est-à-dire que sa profondeur est beaucoup plus importante que sa largeur. Par endroit, les parois peuvent atteindre 30 m de haut pour un passage d’un mètre de largeur. 

Il faut dire que ce canyon est un must à Page et les Navajos savent bien en tirer profit — avec raison certainement! — Ainsi, l’excursion pour le visiter en jeep coûte 70 $ US /personne pour une heure quinze, en kayak par le lac Powell c’est 150 $ US pour une balade de quatre heures, etc. Vous nous connaissez, nous faisons rarement comme tout le monde. Nous ne voulions surtout pas faire une visite à la queue leu leu, mais plutôt y aller par nous-mêmes, à notre rythme, chose impossible avec la Chambre de commerce. Alors, le lendemain, direction la marina de Antelope Point. Un immense stationnement, un beau bâtiment presque neuf et une madame pas trop heureuse de nous recevoir nous attendent. Elle nous explique en gros qu’il faut descendre à la marina pour notre organisation, mais la passerelle qui s’y rend est fermée… Comment faire? Un jeune homme avec un cart de golf nous offre une ride jusqu’en bas! Et un long détour nous y amène tout en croisant plusieurs de ses semblables qui semblent servir de navette. 

Sur les quais de la marina, certainement plus d’une centaine d’énormes pontons/maisons à deux étages des plus luxueux sont amarrés, s’ensuivent de plus petits d’une vingtaine de pieds, puis des bateaux à moteur de différents calibres, un restaurant, des seadoo et enfin des kayaks au bout complètement. En plein ce qu’il nous faut pour aller explorer le canyon!  

La demoiselle, fort gentille, nous explique qu’il faut plus de quatre heures aller-retour et, compte tenu de l’heure, nous recommande de réserver pour le lendemain; d’autant plus qu’on annonce de grands vents pour la fin de l’après-midi. Nous nous entendons avec elle, 50 $ US pour une journée complète pour un kayak double et repartons pour nous trouver un cart afin de remonter (il y a une petite boite d’appel près du restaurant) tout en nous interrogeant sur cette bizarrerie architecturale de marina trop basse.

Cela dit, quelques mots sur le lac Powell. La construction du barrage de retenue de 216 mètres de haut sur la rivière Colorado s’est terminée en 1963. – Il visait à complémenter l’autre lac artificiel du Sud-ouest américain, le lac Mead, aussi sur la rivière Colorado et situé près de Las Vegas à plus de 400 km à l’ouest. Ces deux lacs fournissent l’électricité et l’eau à plus de 20 millions d’habitants de l’Arizona, du Nevada et de la Californie. – Ça a pris plus de 16 ans pour le remplir et, à sa pleine capacité, le lac mesurait plus de 300 km de long par 40 km de large avec une profondeur maximale de 178 mètres. 

Mais avec le climat des dernières années, son niveau a descendu de près de 50 mètres, le lac Powell n’est maintenant qu’à peine à 23 % de sa capacité. C’est pourquoi les pontons de la marina se trouvent à 50 mètres plus bas que la passerelle et que cette dernière est maintenant inutile. Malgré cette diminution du niveau, il y a encore plus de 2 millions de visiteurs qui viennent s’y divertir en louant l’un ou l’autre des véhicules flottants. Ça fait du monde ça!  

Comme le niveau du lac Mead connaît aussi une réduction, la grande question à se poser : que va-t-il se passer avec ces deux étendues qui perdent de plus en plus en capacité et les populations qui en dépendent soit pour l’eau ou pour l’électricité? Mais à ça, nous n’avons pas de réponse à vous proposer. Et de toute façon, c’est une hypothèse catastrophique qui n’arrivera jamais puisque le réchauffement de la planète n’existe pas, du moins pas aux États-Unis! – sarcastiques

Mais revenons à nos moutons. Ainsi, après avoir réservé nos kayaks pour le lendemain, nous nous rendons au site appelé Lees Ferry, sur la route 89A, le seul endroit sur plus de 400 km où il n’y a pas de falaises et où l’on peut accéder aux deux rives du Colorado. C’est d’ailleurs de là que partent plusieurs excursions en bateau ou en raft vers le Grand Canyon. À quelques minutes avant d’arriver à destination, un arrêt s’impose au Navajo Bridge qui compte deux tabliers, dont un exclusivement pour les piétons. Offrant une superbe vue plongeante sur le Colorado.

Puis, un peu plus loin, juste avant d’arriver à Cliff Dwellers se trouve sur la droite du chemin de drôle de rochers ressemblant à des champignons géants. Au fil du temps, les voyageurs se les ont appropriés pour se fabriquer des maisons. L’une d’entre elle date de 1930. Drôle d’idée! Ce n’est quand même pas de tout confort!

Comme la région dénombre plusieurs sentiers de randonnées, nous en profitons et entreprenons The Cathedral Wash route. En réalité, il s’agit d’un canyon asséché et il est classé de niveau difficile.

Après plus d’une heure de marche, nous comprenons le pourquoi de sa qualification. Un homme est assis là à étudier les possibilités de continuer. Il nous dit que s’il avait 20 ans, ça ne lui causerait pas de soucis, il foncerait sans se poser de questions, mais qu’à 60, plus vigilant avec le danger et les risques de blessures, il ne veut pas s’y aventurer seul. Il espère (enfin, nous devinons!) nous convaincre de faire équipe. Après examen de la situation, nous décidons que le sentier s’arrêtait là pour nous, nous n’avons plus 20 ans nous non plus!

Sur l’entre fait, un jeune couple arrive et bien sûr, n’a aucun problème pour continuer le trajet. Le monsieur s’est donc joint aux deux jeunes. Nous les avons regardés franchir les 100 m suivants qui leur a pris au moins 30 minutes à parcourir… C’est bien curieux de l’issue de leur entreprise que nous avons rebroussé chemin sans toutefois savoir comment finira leur exploit. Le nôtre se terminant là, et franchement nous en sommes bien satisfaits. C’était différent comme randonnée. 

Parallèlement à l’excursion de Antelope Canyon, une autre attraction nous tenait à coeur dans la région, un trek dans le canyon appelé The Wave. Mais cette randonnée extrêmement contingentée est maintenant gérée par loteries. Une à long terme (plusieurs mois à l’avance) et une quotidienne. Pour cette dernière, il faut se trouver physiquement dans la région immédiate de Page – Kanab, s’inscrire entre 6 h et 18 h sur le site de recreation.gov au coût de 8 $ chaque fois, une seule inscription par jour. Reste plus qu’à attendre vers 19 h 15 de recevoir un courriel indiquant si tu as gagné ou pas. Ils n’acceptent qu’un maximum de six groupes totalisant tout au plus 48 personnes par jour. Nous avons tenté notre chance à deux reprises, sans succès. Tant pis!

Mais revenons à notre balade en kayak. Le lendemain, le monsieur de la marina nous fournit les gilets de flottaison, les pagaies et l’embarcation. Il nous demande où on va et nous dit de suivre la rive gauche… mesures de sécurité? Comme les garde-fous le long des routes et du Grand Canyon…

Nous ramons environ une heure, un peu de vent sur le lac, mais c’est négligeable. Nous entrons ensuite dans l’embouchure du canyon. De chaque côté de nous, des murs de pierre d’au moins vingt étages de haut nous entourent et plus nous nous enfonçons, plus le passage rétrécit. Le soleil fait miroiter les parois sur l’eau, c’est d’un calme olympien et de toute beauté. Nous prenons notre temps pour admirer le spectacle photogénique et bien en profiter jusqu’à notre arrivée au «parking» de kayaks.

Nous devons attendre pour laisser sortir la douzaine de personnes venue en groupe organisé (tsé le tour à 150 $ pour quatre heures!). C’est une petite crique où on ne passe qu’un à la fois dans six pouces d’eau, puis qui s’évase un peu, juste assez pour échouer notre kayak sur une des rives. 

Nous marchons ensuite seuls pendant plus d’une heure. Parfois, l’allée exigüe ne mesure qu’à peine 40 cm de large, avec à l’occasion un  escarpement si haut qu’on a l’impression qu’il y a un plafond. Avec leurs belles courbes, les parois ocres varient de tons selon l’inclination du soleil passant par les beiges, le rosés et les orangers. Lisses par endroit comme du bois sablé et poli, on a qu’une envie, les toucher et les caresser de la main comme on le ferait justement avec du bois. Tout un spectacle s’offre à nous, on se sent aspirés par les stries et les ondulations sculptées par le vent. C’est beau et impressionnant! Quel travail de la nature!

À un moment, on se demande quelle heure il peut bien être et depuis combien de temps nous marchons. On peut bien se moquer de ceux limités par le temps, nous sommes aussi soumis à un deadline, soit d’être de retour au plus tard à 16 h. Déjà près de 14 h alors que nous avons entamé la randonnée un peu avant 11 h! Mais, comment a-t-on a pu marcher si longtemps dans le canyon et sans nous en rendre compte surtout? Il faut accélérer la cadence et rebrousser chemin parce que ce sera très juste pour arriver à la marina! Nous ne prenons même pas une pause pour manger une bouchée et c’est le retour. On a quand même vu ce qu’on voulait voir, alors let’s go!  

De nouveau sur l’eau, ho boy! Le vent s’est levé et il y a de la houle. À la sortie de l’embouchure du canyon, les éléments, davantage plus forts et turbulents sont contre nous. Les bateaux qui passent amplifient la grosseur des vagues qui viennent empirer l’agitation du lac. Ce n’est vraiment pas rassurant. Dominique en perd son chapeau… too bad, aucune envie de rebrousser chemin avec encore au moins une heure de pagaie dans ces conditions difficiles. Avec tous nos muscles de bras et notre courage, c’est go, go, go, on file le plus rapidement possible et surtout sans chavirer!

Nous arrivons finalement pile à l’heure prévue, 15 h 55! Quoi? Mais non, il n’est que 15 h! Shit et reshit!

Il restait encore une bonne heure et nous avons rushé comme des malades pour rien! Ben oui! Le nord de la ville de Page se trouve en Utah. Page et le lac Powell, appartiennent au territoire de l’Arizona et donc, différence de fuseau horaire! Nos téléphones TROP intelligents ont avancé l’heure pendant notre marche dans le canyon, nous induisant en erreur. Nous avons bien eu un flash à un moment donné, mais impossible de vérifier et comme l’Utah se trouve à plusieurs kilomètres plus au nord, dans nos têtes ça ne se pouvait pas! Mais que c’est frustrant, nous aurions bien profité de cette heure supplémentaire, mais bon! Ça fait partie des aléas de la vie! Au moins, le canyon était superbe et valait certainement la peine de de se démener autant pour l’atteindre.

L’histoire ne se termine pas là. Imaginez-vous donc que nous avons récupéré le fameux chapeau en chemin. Un jeune couple en canot qui filait sur l’eau comme si de rien n’était, l’ayant ramassé au passage nous a rattrapés pour nous le remettre. Un grand merci à eux encore une fois!

Une fois les émotions passées, nous ne pouvons qu’être satisfaits de notre excursion des plus agréables. Nous nous doutons bien que le canyon dans cette section impressionne moins que dans celle du tour organisé, mais la liberté de mener l’excursion comme bon nous semble vaut bien plus pour nous.

Nous retournons ensuite à notre campement sur le bord du lac, mais le vent s’étant amplifié davantage, c’est quasi une tempête de sable qui nous accueille. On ne peut ouvrir ni porte ni fenêtres, le sable envahit le tuk-tuk. Et nous avons assez donné de ce côté. 😉 Comme il fait une chaleur intense, nous nous résignons à lever le camp pour rejoindre plus haut le monticule qui ressemble à un stationnement. Le site est moins agréable, il y vente autant, mais sans le sable par contre. Nous pouvons aérer l’intérieur et respirer.

On ne peut que conclure que malgré l’impossibilité de visiterThe Wave, c’est tout un ravissement pour les yeux de visiter cette région.

Fiche camping – bivouac

Arizona, Page, Lone Rock   Très beau bivouac face au Lone Rock et Lake Powell. On se gare où l’on veut soit du côté de la plage plus près du lac ou sur le monticule à l’entrée à l’abri du sable qui peut être insupportable lorsqu’il y a du vent. L’entrée du parc est payante, mais gratuite avec la passe America the beautiful. Toilettes sèches, eau potable et sanidump sur le site. Plage et baignade.

Bivouac Lone Rock

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8 commentaires sur “On fait la vague pour la région de Page et Lake Powell

  1. WoW 🤩 je lisais et me rappelais les images que ma mémoire avait conservé. Quel chance vous avez eu de pagayer dans ce cours d’eau. Moi mon coup de cœur avait été Antelope Canyon . Tellement magnifique 😍
    Bien hâte d’entendre de vive voix plus de détails.
    À bientôt j’espère

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    1. Je te le souhaite, ça vaut le détour. Ça fait partie de nos tops de ce voyage, incluant la balade en kayak malgré la turbulence du retour lol. N’hésite pas à ce moment-là si tu as des questions, ça nous fera plaisir d’y répondre au meilleur de nos connaissances. Bonne journée!

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  2. Vraiment très très beau! Que j’aurais aimé être avec vous pour voir et avoir toute les sensations que doivent procurer ces belles formations rocheuses teintées de tant de couleurs. Vraiment, je suis jalouse! Tes photos Do et votre descriptif sont un vrai conte d’aventure. bisous

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    1. Merci Jo, nous sommes Do et JP, les aventuriers prudents lol. C’est drôle parce que les couleurs, les ocres, me faisaient pensé à toi pendant la marche. Je me doutais que ça te plairait. Tu viendras avec nous la prochaine fois. À bientôt, grosse bise!

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  3. Formidable encore une fois !! C’est saisissant et les photos sont magnifiques. C’est bien beau la technologie mais des fois, une bonne vieille montre fait toute la différence hahaha… je vous niaise un ptit peu. En tous cas, ça fait une belle anecdote à raconter. Là, vous êtes dus pour publier un beau livre avec tous vos billets. La job est déjà pratiquement toute faite (textes et photos) Un livre par destination ou continent. J’espère que le retour s’est bien déroulé.

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