Le plateau d’Ijen, beauté pour l’un, enfer pour l’autre.

Gunung Ijen, 9 octobre 2017

Après le sublime Agung Bromo, nous prenons la route vers le Plateau d’Ijen et nous arrivons à l’hôtel en fin de journée à Bondowoso pour une courte nuit. Nous repartons le lendemain vers 4 h du matin pour voir le lever du soleil sur les monts Ijen (2368 m), Merapi (2800 m) et Raung (3332 m) pour ensuite se rendre au point de départ de la montée pédestre de 3 km, le Pos Paltuding.

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Comme partout il y a toujours des vendeurs de quelque chose… Mais là, ce sont des locateurs de masques de protection… La « petite » ascension de trois km prend… 1 h 30 bien comptée. Nous avons été dans les nuages toute la montée.

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Arrivés en haut sur le plateau, les nuages se sont dissipés un peu ce qui donne un environnement encore plus bizarre. À gauche du plateau, on aperçoit un sentier qui descend dans le creux du volcan (dernière éruption en 1939) et lorsqu’on s’approche, l’odeur de soufre vous prend à la gorge, d’où la location du masque en bas de la montagne.

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Dans le fond du volcan, au bout d’un sentier, on aperçoit une espèce de puit d’où s’échappe de la fumée qui d’ailleurs cache en bonne partie un grand lac turquoise, réputé pour être le lac le plus acide du monde.

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La particularité de ce volcan est qu’il produit du soufre et que de pauvres diables descendent à pied dans ce trou pour le ramasser. L’ENFER! En grosses lettres. Imaginez! Tous les matins aux alentours de 3 h, environ 300 mineurs, de génération en génération, doivent d’abord monter les trois kilomètres en traînant avec eux leur chariot sur deux roues, ensuite descendre le sentier vers le fond du volcan (environ 30 minutes) palanque à l’épaule et récolter le souffre par grands blocs.

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Des hommes en direction du cratère.

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Des hommes arrivent au fond du cratère au centre droit de la photo.

Puis, remonter le sentier avec environ 70 kilos de soufre dans leur palanque sur les épaules. Ils redescendent ensuite faire un autre voyage et ainsi de suite six heures par jour, la plupart sans aucune protection autre qu’un morceau de coton devant la bouche.

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Ils doivent ensuite casser les blocs de soufre pour les mettre dans des sacs de toile et finalement redescendre les trois kilomètres avec leur récolte. Il n’y a personne, mais vraiment personne chez nous qui ferait ce job, d’autant plus que le soufre se vend à moins de 0,10 cents le kilo. Le comble, c’est qu’en plus, ils fument tous comme des cheminées. Le résultat de ce beau mélange est que leur espérance de vie est d’entre 40-50 ans.

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Plusieurs d’entre eux prennent la pose pour les touristes et acceptent gentiment, avec un grand sourire, même dans les yeux, de se faire photographier moyennant une contribution financière, une cigarette ou quelque chose à grignoter.

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Quand on se compare, on a envie d’être généreux avec eux en se disant que les quelques dollars supplémentaires que les touristes leur donnent les aideront peut-être à envoyer leurs enfants à l’école parce que pour eux, quelle vie de M.!

Depuis 2012, nous avons sillonné l’Asie du Sud-est et le sous-continent indien pour l’équivalent d’un peu plus d’une année. De la pauvreté et de l’inégalité sociale nous en avons vues dans ces pays parmi les plus pauvres de la planète, mais là, ça dépasse pas mal tout ce que nous avons pu voir. C’est inhumain. Et il est très difficile de rester insensibles. Disons que tu te sens cheap lorsque toi, le petit touriste, tu arrives sur le site avec ton petit masque de protection pour ton petit passage dans ce lieu, comparativement à ces hommes très courageux qui passent la grande partie de leur vie, sans d’autres perspectives, dans cet endroit satanique.  Et que, malgré tout, ils gardent le sourire.

Enfin bref, ceci étant dit, Bromo et Ijen sont des musts! Et aussi Amed, mais vous le saurez plus tard!

6 réflexions sur “Le plateau d’Ijen, beauté pour l’un, enfer pour l’autre.

  1. Que penser des athlètes professionnels pantouflards qui gagnent des 1 000 000$ pendant qu’ils gagnent leur vie pour des bouchées de pain. Sur ces propos sulfureux, bravo encore une fois pour l’excellence des photos, du reportage et de vos efforts.

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