Samaipata, du samedi 19 au vendredi 25 avril 2025
Et nous voici arrivés à Samaipata, notre première vraie étape de ce périple bolivien. Nous avions choisi cette escale en raison de sa réputation de nouvelle destination touristique basée sur la proximité d’un site préinca très important ainsi que de son voisinage avec le Parque Nacional Amboró et de ses treks invitants.
Située à environ 1800 m d’altitude sur les premiers contreforts des Andes, Samaipata est une petite ville de 4 400 habitants, de style colonial espagnol avec sa place centrale. Elle vit principalement du tourisme et se classe au deuxième rang des plus grandes régions vinicoles de la Bolivie.
Notre arrivée coïncide aussi avec le week-end de Pâques. Il y a énormément de gens, adultes, mais surtout de jeunes ados, moins énervés que les nôtres en pareille circonstance il nous semble, et un intense trafic. Nous réussissons néanmoins à nous faufiler pour atteindre notre casa pour la semaine.
La zone urbaine plus ancienne est située dans le fond de la vallée tandis que le développement des dix dernières années, nouvelles et grosses maisons, auberges, restaurants et secteurs vinicoles prend place dans les montagnes autour de la ville. L’infrastructure routière, l’éclairage et le système d’aqueduc et d’égout n’ont cependant pas suivi le rythme. Les rues sont boueuses et pleines de trous et on n’y rencontre pas toujours. L’artère principale qui sort du centre traverse même une rivière à gué avec un petit pont pour les piétons. Qu’à cela ne tienne, notre Casa Samai Boutique est une belle maison de six chambres située à environ un kilomètre du centre, soit une dizaine ou une quinzaine de minutes à pied selon si tu descends en ville ou si tu remontes à la casa. C’est l’établissement d’hôtes le mieux coté de l’endroit et elle le mérite. Nous sommes accueillis par Irma, une jeune femme qui, avec Marcello, son compagnon de vie, s’occupent de la gestion quotidienne de la maison ainsi que de la préparation des petits-déjeuners. Les proprios, deux États-Uniens, qui ont longtemps travaillé dans des organismes humanitaires internationaux, se sont installés ici il y a une douzaine d’années. Ils n’ont pris la décision de la transformer en gite il n’y a que de deux ans seulement.
L’endroit nous enchante. Il compte une vaste pièce commune haute de plafond et bien éclairée où se tiendront les petits-déjeuners et où l’on pourra se cuisiner des plats ainsi qu’un beau salon. On s’y sent immédiatement bien. Le terrain, d’une superficie de 2 ha (20 000 mètres carrés), est complètement boisé et aménagé. Des fleurs, des arbustes, des arbres fruitiers, des légumes, des sentiers en pavé et un petit lac avec sa cabaña privée sont partout.

Plus tard, nous nous préparons pour aller souper en ville. Sur les conseils d’Irma, nous prenons nos lampes frontales pour la route de retour. Elle nous dit cependant de ne pas avoir peur malgré la noirceur parce que, dans les environs, il n’y a aucun vandalisme, ni vol, ni danger. Ici, on ne barre même pas les portes. Excellent !
En ce samedi saint, nous parcourons la Plaza de 15 de deciembre afin de dénicher un restaurant pour finalement trouver les dernières places dans le jardin intérieur d’une pizzeria. Délicieuse, mais trop grande ! Pas grave, ça nous fera un repas pour un autre soir. Nous rentrons à la maison avec les lampes frontales et les chiens qui jappent. Mais c’est sécuritaire et il faut bien en rire.
Dimanche matin, vous vous souvenez de notre histoire avec les transfos ? Hé bien, le deuxième nous a lâché à son tour ! Alors, on se pose la question sur ce que nous avions fait en 2018 lors de notre précédent voyage en Amérique du Sud. Dominique interroge l’IA et JP le site Internet d’Apple et VLAN. Nous n’avions rien fait puisque tous nos chargeurs et appareils, dont le CPAP, fonctionnent avec le 110 et le 220. Faux problème résolu, arrêtons de nous énerver inutilement. Fin de la discussion…
Donc, ce dimanche, avec le cœur léger, nous nous rendons d’abord au Museo Archeológico en prélude à notre seconde étape, les ruines préhispaniques El Fuerte situées à environ une vingtaine de minutes de route. Le musée est tout simple et met la table pour la visite sur le site. Nous partons ensuite pour le fameux El Fuerte inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est reconnu particulièrement pour son immense rocher aménagé de bassins et de canaux creusés à même la roche avec des niches latérales et des figures de félins. Il est gigantesque et plusieurs bas murs et vestiges y sont très bien conservés. Deux tours d’observation facilitent la visite.






Ce fort aurait été construit à des fins religieuses et cérémonielles par des populations antérieures aux Incas qui, par la suite, en auraient poursuivi le développement avant d’être détruit par les Espagnols.
Nous y avons passé une partie de l’après-midi et avons fort apprécié d’autant plus que l’on peut y profiter d’un panorama qui se laisse admirer.



Lors du retour en ville, la circulation s’est beaucoup calmée et il est plus facile de s’y mouvoir. La place centrale s’est aussi vidée. Les festivités pascales sont terminées. Ici, pas de congé du lundi de Pâques, malheureusement pour les habitants, mais tant mieux pour nous. Nous pourrons donc aller déguster une bonne truite au restaurant La Chakana.
Lundi, il ne fait pas tellement beau, c’est la mouillasse. Alors on se la coule douce et on se promène en ville afin de se familiariser avec les différentes rues, boutiques et restos. Il n’y a pas vraiment d’endroits à visiter. Un petit détour vers le Mercado Nuevo où il y a plusieurs stands de fruits, légumes, viandes et produits de nécessité pour la population. Disons qu’il ne rivalise pas en beauté avec les marchés d’Asie, mais bon…

















Comme nous devions payer notre séjour à la Casa en Bolivianos comptant, il nous fallait trouver un guichet automatique. Il y en a deux seulement dans la ville, mais aucun ne fonctionnait. Jean-Pierre est entré dans l’équivalent d’une Caisse Desjardins pour se faire dire que tous les guichets de Samaipata n’acceptent que les cartes liées à Visa. Que pour utiliser celle rattachée à MasterCard, c’est à Mairana, un patelin situé 15 km plus loin que nous devons nous rendre.
Le troisième mandat du jour consistait à nous trouver un guide (obligatoire) pour aller voir les fougères géantes au Parque Nacional Amboró. L’agence choisie nous avait été référée par Marcello et nous avons donc réservé pour le mercredi suivant parce que selon les prévisions météo ça sera la plus belle journée de la semaine. À suivre !
Ce soir, ce sera souper bien tranquille de pizza réchauffée et bière à la casa en compagnie d’un jeune couple allemand bien sympathique.
Mardi, sous un soleil éblouissant, nous prenons la route direction Mairana pour retirer des sous. Nous devions ensuite visiter le Refugio de colibris près du site El fuerte, mais la température étant ce qu’elle est en cette période de l’année, les nuages ont pris le dessus pendant le trajet du retour. À l’eau notre plan!
Nous nous rabattons sur le Zoo el Refugio pas très loin de notre hôtel. Il y a beaucoup de perroquets de différentes variétés, des singes, et quelques autres animaux à quatre pattes dont deux petits félins. Mais en gros, outre le fait d’avoir pu voir les perroquets de près et non dans la montagne et très haut dans les arbres, ce n’est pas le genre d’endroit qui nous enchante beaucoup.











Pour nous remonter de cette journée quelque peu décevante, nous allons luncher à la Finca La Vispéra. Il s’agit d’un restaurant dans la montagne avec d’immenses jardins de fleurs et de plantes toutes bio et comestibles. Les assiettes sont aussi magnifiques que succulentes et oui, bien sûr on y mange des fleurs ! Un très beau resto à recommander tant pour sa savoureuse et raffinée cuisine bio, que pour son site. C’est agréable de faire le tour du parterre.









Entretemps, le soleil fait une percée, nous tentons à nouveau une visite au refuge de colibri. Youpi !
Le couple proprio a aménagé son terrain avec beaucoup de fleurs différentes, d’arbustes et plusieurs mangeoires pour les colibris. Selon la dame, plus d’une vingtaine d’espèces fréquentent l’endroit en fonction des saisons et des floraisons. C’est spectaculaire pour nous Québécois qui n’accueillont que celui à gorge rubis dans nos régions. En plus des petits sentiers, il y a trois postes d’observations. Nous avons pu observer cinq variété de colibris, malheureusement Dominique n’a pu capter celle avec la longue queue.

On y passe quelques heures. Dominique s’en donne à cœur joie avec les photos même si la lumière n’est pas optimale tandis que Jean-Pierre admire les petits volatiles avec ses jumelles.













Quelques autres visiteurs du Refugio…




Et quelques fleurs…




Enfin, mercredi matin , c’est le grand jour! Nous nous préparons pour la randonnée dans le Parque Nacional Amboró, l’un des parcs les plus riches en botanique au monde qui compte l’un des seuls endroits où poussent des fougères géantes plus que centenaires. Par prévoyance, nous apportons quand même nos manteaux de pluie même si on annonce de la belle température. On ne ne sait jamais à quoi s’attendre en cette période de l’année et surtout en montagne.
Le guide devait passer nous chercher à l’entrée de l’hôtel à 9 h 30, mais après quelques minutes de retard, nous communiquons avec l’agence. Celle-ci nous informe que notre guide ne pourra pas venir puisqu’il ne peut se déplacer avec l’état de la route là d’où il vient. Mais pas de soucis, un autre tout aussi fiable se joindra à nous. Par contre le départ est repoussé d’une heure à cause de la pluie de la nuit et nous devons nous rendre directement à l’agence, hmmm ! Sommes un peu sceptiques. Arrivés à destination, nous apprenons également qu’un couple de touristes allemands avaient été jumelés avec nous. Bon, il en avait été question, mais nous n’avions pas eu la confirmation. À la base, nous voulions randonner seuls avec le guide.
Nous nous engouffrons dans la jeep et commençons la montée de la montagne. 45 minutes sont prévues. À environ un kilomètre de l’entrée du parc, le véhicule ne peut plus grimper en raison de la route vaseuse à souhait et creusée d’ornières. Il faut dire que, dans la région du moins, le sol est constitué d’argile de couleur ocre qui, mouillée, se transforme rapidement en boue glaiseuse très très glissante.
Donc, nous devons poursuivre à pied. Mais l’Allemand, mesurant plus de six pieds, mal chaussé pour l’activité et encore moins équipé de bâtons de marche, se plante royalement à genoux dans la vase à quelques reprises. Pas trop de bonne humeur, le monsieur ! Ses jeans sont pleins de boue et la randonnée n’est même pas débutée à proprement parlé. Ouf ! Nous arrivons finalement au parc, le sentier est classé intermédiaire, mais est déjà vaseux à notre arrivée et il commence à pleuvoir solidement. Notre guide est bien encourageant et il connaît bien le parc et ses plantes. Après environ une heure de marche en forêt, nous parvenons « enfin » au but de cette randonnée, les Helechos Gigantes, des fougères géantes dont certaines atteignent 4 m de hauteur. C’est énorme pour ce genre de plante, mais ce qui impressionne le plus, c’est que celles-ci ne poussent que de un centimètre par année. Nous sommes donc admiratifs devant des spécimens de plus de 400 ans. C’est fou ! Selon le guide, cette famille de fougères existerait depuis des milliers d’années.













En pleine jungle amazonienne, il pleut à boire debout, les nuages sont accrochés aux montagnes, c’est plus qu’humide et nous nous fascinons vis-à-vis de ces plantes et la forêt qui nous entoure, mais pas les Allemands !
Malheureusement, en raison de la température, la randonnée s’achèvera ici. Notre rando devait durer cinq heures, nous nous contenterons d’un aperçu de cette flore impressionnante. Mais bon… nous convenons également que même si nous allions au mirador pas très loin, nous n’y verrions que dal. Alors nous retournons tranquillement à la jeep et à sa conductrice sans même que personne ne tombe ! ;-).
Mais, car il y a un mais, le trajet de retour est plus compliqué que la montée. La route devenue encore plus vaseuse et glissante de sorte que le 4×4 patine à droite et à gauche comme sur de la glace vive.
À plusieurs reprises, la chauffeure a dû s’arrêter, reprendre ses esprits et tenter de trouver le meilleur alignement afin de descendre de quelques mètres. C’est que, d’un côté, il y a le ravin et de l’autre la montagne. Ce n’est vraiment pas rassurant. Si on dérape vers la falaise, on y reste et si on s’écrase sur la montagne, on est bons pour une marche de plusieurs heures ou d’une solide glissade de groupe sur les fesses…
Enfin, nous arrivons en ville et tout le monde applaudit l’excellence de la conductrice !
Malgré la mauvaise température, et une fois rendus à destination sains et saufs, nous pouvons dire que ce fut malgré tout une expérience mémorable.
Jeudi, c’est notre ultime journée à Samaipata et il fait plein beau soleil. Deux choses au programme. Retour aux colibris pour profiter d’une meilleure lumière pour les photos et randonnée dans le sentier El condo de los Andes également dans le parc national Amboró. Et là, c’est l’apothéose. On nous disait que ça prenait absolument un guide. Pfff ! On a trouvé grâce à maps.me le point de départ et le sentier. Quel magnifique sentier d’ailleurs ! Un des plus beaux que nous ayons marché à ce jour. Il part de Palermo situé à 45 minutes de Samaipata. Ce n’est pas le kilométrage qui justifie le 45 minutes, mais plutôt la route en terre pour s’y rendre qui monte et qui est traversée par trois ruisseaux. Heureusement, on dirait qu’il n’a pas plu depuis plusieurs jours dans ce coin, car le chemin est bien sec. Donc, ça se fait relativement facilement.
Quant au sentier, ça monte raisonnablement pendant environ 30 minutes. Ensuite, ça se corse et grimpe assez abruptement pendant 45 minutes par un sentier qui ressemble à une ravine. Il est très étroit pourvu de rocher parfois assez gros que nous devons nous aider de nos mains.






Puis, nous arrivons à la crête des montagnes. Nous pouvons suivre aisément le sentier pendant une trentaine de minutes. À certains endroits par contre, le sentier est si étroit et près de précipices qu’il peut s’avérer difficile pour ceux souffrant de vertige. Dominique en ayant été prévenue par Sophie (emmeneznousauboutdelaterre) et s’était si bien préparée mentalement à traverser ce handicap qu’au final, elle n’a presque pas ressenti de mauvais feeling. Faut dire qu’il n’y ventait pratiquement pas. Merci Sophie !
En tout 2 h 15 de montée pour environ 300 mètres de dénivelé. La vue nous laisse sans voix, Dominique a une forte émotion, nous sommes sur le toit du monde et on se sent petits ! Moment de contemplations! Le sentier se met à redescendre pour aller sortir aux cascades de Cuevas. Comme nous devions retrouver notre véhicule, nous sommes revenus par le même chemin.









Vraiment, nous pouvons conclure qu’à elle seule, cette dernière journée a fait notre semaine !
En résumé, nous avons passé cinq jours complets à Samaipata. Il en faut au moins une pour les visites locales et pour s’adapter à l’altitude de 1800 m et trois de belle température, pour visiter El Fuerte et faire les deux randonnées dans le Parque national Amboró. Comme c’est notre habitude, nous nous sommes donné le temps d’apprécier toutes nos sorties.
Vendredi, nous prenons la route vers Sucre, la ville blanche, capitale culturelle du pays sise à 2790 m d’altidute. C’est à ne pas manquer !
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Enchantée de vous suivre. Bonne route
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Merci beaucoup!
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