Rendez-vous manqué avec le Gran Desierto de Altar et une vraie fausse menace des cartels de drogue mexicains

Du 18 au 26 janvier 2020

Après avoir obtenu notre Permis d’importation temporaire de véhicule, nous filons rapidement vers le Gran Desierto de Altar, inscrit au Patrimoine mondial de l’humanité. Nous arrivons à 16 h 55, tout juste cinq minutes avant la fermeture du parc… Sauf que, à notre surprise, et surtout à notre grand désarroi, la barrière est close et il y a un gros écriteau sur lequel on peut lire que le parc est fermé jusqu’à nouvel ordre😭. Un vieux monsieur nous rejoint et nous explique, laborieusement pour nos oreilles pas habituées à l’espagnol, que les titres de propriété des terres du parc sont la source d’un conflit entre un résident et le gouvernement. Nous ne comprenons pas tout, mais une chose est certaine, le parc est fermé et il ne sert à rien d’attendre l’ouverture demain matin. ZUT, ZUT ET REZUT ! 🤬

Puisque la ville la plus proche, Puerto Peñasco, située à peine à une cinquantaine de kilomètres, longe le golfe de Californie et qu’on y trouve quelques campings selon iOverlander, on y file. On se dit « au moins, on sera sur la beach ». Nous arrivons finalement avant la noirceur, le gars à la réception nous demande 12 $ US (payable en argent américain) et nous indique de nous garer sur la deuxième rangée… Le camping est en fait une immense étendue de sable dur, les VR et roulottes sont stationnés les uns à côté des autres dans un semblant de rangées et d’ordre et il n’y a aucun service. Le lendemain matin, nous rencontrons deux Québécois qui y passent 5-6 mois tous les hivers et eux, ils sont au premier rang près de l’eau… euh!

Par ailleurs, peu importe avec qui on discute du Mexique, chacun y va de son histoire de peur à raconter. Et ces Québécois ne sont pas des exceptions. Nous apprendrons donc en leur signifiant que nous descendions vers le sud, qu’il nous faut absolument éviter la ville de Caborca parce que les cartels de drogue ont pris possession de la route. Même les autobus régionaux font quelques centaines de kilomètres additionnels pour contourner la ville. En résumé : retraversée de la frontière américaine, route vers Tucson, Texas et repassage au Mexique via Nogales. Là, on est dépités! Mais on a de petits doutes. D’ailleurs, en poursuivant la discussion et après vérifications auprès d’autres personnes, « il paraîtrait que tout est réglé depuis la semaine dernière et que la voie est libre. » Tout ce revirement en l’espace de 30 minutes ;-). On prend quand même la route, mais pas trop rassurés. Au premier poste de contrôle de la police, on nous confirme que tout est OK, nous passons Caborca sans problème et descendons jusqu’à Santa Ana où nous nous arrêtons dans un petit RV Park sécuritaire. La violence au Mexique est-elle un mythe? En tout cas, la réputation du pays est bien malmenée.

Notre plan de base consistait à longer la côte, en traversant la province de Sinaloa, jusqu’à Puerto Vallarta où notre fils et sa copine doivent venir nous rejoindre le 26 janvier. Or, la sœur de Jean-Pierre nous texte pour nous aviser que la province de Sinaloa est considérée comme très dangereuse, « Évitez tout voyage non essentiel » écrivent les gouvernements canadien et américain. On jongle un peu avec cette info, on fouille sur Internet, on regarde Google map et on se dit, pas encore trop familiers avec les risques du Mexique, qu’il serait peut-être plus sage de contourner la province. Mais cela implique de passer par les provinces de Chihuahua et de Durango qui figurent aussi au palmarès des zones à éviter. Peut-être que Sinaloa est la pire? Pourquoi jouer avec le trouble ? Le détour nous rallonge d’environ 500 km, pour un total de 2 300 et nous oblige à border le fameux mur de Trump sur la frontière mexicano-américaine. Mais bon, est-ce que Le danger au Mexique est une légende urbaine ou une réalité? Aujourd’hui, avec le recul, nous aurions probablement continué tout droit…

La journée suivante nous amène à bivouaquer sur la place centrale du joli village de Casas Grandes, une toute petite bourgade très propre et accueillante. Les gens nous sourient, nous saluent et nous ont d’ailleurs confirmé que ce n’était pas un problème de stationner là pour la nuit et que c’était sécuritaire. Parfait, on aime l’endroit, on sort découvrir les alentours et on décide de souper dans le seul restaurant ouvert de la plaza. Encore là, on est super bien accueillis et nous avons très bien dormi!

De la place centrale, cela peut se faire à la marche, mais nous partons avec le tuk-tuk pour visiter le Museo de las Culturas del Norte et les ruines du village précolombien Paquimé, classées au patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1998. Tous deux inclus dans le prix du même billet. Le musée nous intéresse bien et le site présente beaucoup de similitudes avec les vestiges en adobe qu’on retrouve au Nouveau-Mexique et en Arizona. L’endroit est très peu touristique, nous sommes seuls avec les employés qui travaillent à la restauration. Nous prenons notre temps et profitons de la très belle vue sur la vallée et les montagnes alentour. Quelques semaines plus tard, lorsque nous visiterons le magnifique musée d’anthropologie de Mexico (à visiter obligatoirement), nous verrons des reproductions grandeur nature des habitations de cette région. Comme vous pouvez vous en douter, Paquimé est le premier site archéologique d’une longue liste que nous aurons la chance d’explorer au cours de notre découverte du Mexique.

Nous reprenons la route avec un léger détour pour aller à Mata Ortiz située à moins de 30 km au sud de Casas Grandes. Curieux de découvrir l’artisanat mexicain, nous avions lu que cette très petite localité était apparemment un centre de poterie réputé. Dès notre arrivée, on se fait accoster par les habitants qui possèdent tous leur propre atelier dans leur maison. On jette un coup d’œil, histoire de pouvoir comparer leurs produits avec ceux de l’atelier de Juan Quezada, l’homme qui a fait renaître le style traditionnel de poterie de l’ancienne civilisation de Paquimé. C’est-à-dire en employant les mêmes techniques, matériaux et styles décoratifs qu’à l’époque. L’atelier est en fait une école où des étudiants du monde entier viennent apprendre les rudiments de cet art ancien. La plupart des oeuvres d’excellente qualité en vente sont réalisées par ces étudiants. Nous verrons par la suite dans toutes les belles boutiques du Mexique, que ce genre de pièces se vent à un prix souvent très élevé. En sortant de l’atelier, les habitants nous indiquent que la boutique située dans la vieille gare est ouverte. Nous y entrons et achetons quelques objets pour encourager les artistes locaux. On confirme, même pour des néophytes comme nous, la différence de qualité se voit tout de suite par le manque de finesse dans les détails et même dans la pièce elle-même. Mais bon, ça peut constituer d’excellents souvenirs quand même et c’est une façon d’encourager le local.

Nous poursuivons notre route et comme les campings sont choses rares dans notre direction, nous dormons à la station d’essence Pemex de Chihuahua et le lendemain au Walmart de Durango. Bien évidemment, nous nous informions sur la sécurité des lieux et curieusement🤔 nous recevions toujours la même réponse, soit qu’il n’y avait aucun problème.

Quelques beaux paysages croqués sur la route entre Casas Grandes et San Blas

Finalement, nous arrivons au village de San Blas, à 140 km au nord de Puerto Vallarta, où on s’installe pour trois nuits dans un petit camping sur le bord de l’eau. L’endroit nous plaît bien même s’il n’y a rien à voir dans les alentours. Tout ce que nous voulons c’est de décompresser de la route en regardant la mer.

Malheureusement, San Blas, réputée non pas pour son artisanat, mais pour ses moucherons ou en bon français ses sandflies, ne nous épargne pas. Bien sûr, aucun problème durant la journée, mais dès le déclin du soleil, il y en a une telle quantité que nous devons nous résigner à manger à l’intérieur. En plus, elles s’infiltrent à travers les moustiquaires de sorte qu’on (ou plutôt Dominique) se fait piquer pendant la nuit et même au cours des jours suivants notre départ de San Blas. C’est qu’elles sont difficiles à voir ces bestioles! 🔎


Enfin, le lendemain c’est le jour J. Direction aéroport de Puerto Vallarta pour y récupérer Martine seulement, fiston ayant dû reporter son vol de deux jours. Nous nous rendons par la suite au condo que nous avions loué pour la semaine.

Vous connaissez maintenant notre chance Airbnb, n’est-ce pas! Alors lisez bien celle-ci. Nous avions loué un appartement presque neuf dans Nuevo Vallarta en nous assurant à plusieurs reprises auprès du propriétaire que nous pouvions y stationner notre tuk-tuk. Nous avions même donné les mesures (longueur, hauteur, etc.) pour plus de précision. Or, rendus au complexe, nous devons attendre une heure le gestionnaire qui doit nous faire visiter l’appartement (c’est la façon de faire au Mexique). Ensuite, les gardiens de sécurité ne veulent pas laisser entrer le tuk-tuk sur le site. On nous propose de le garer dans la rue. Euuuh nooon! Ou alors d’aller le parquer dans un stationnement public à un kilomètre plus loin et qui plus est, à nos frais. Euuuh nooon! Bref, deux heures plus tard on nous laisse finalement entrer et nous pouvons enfin nous installer, bien énervés et surtout épuisés.

Mais évidemment, la suite ne sera pas aussi simple! D’autres aventures rocambolesques, mais pas que, nous attendent à Puerto Vallarta et c’est ce que vous lirez dans le prochain billet !

Fiche camping – bivouac

Camping Concha del Mar, Puerto Peñasco

Puerto Peñasco, Sonora, Camping Concha del Mar – Trouvé sur iOverlander, grand stationnement de sable devant l’océan, premier arrivé, premier servi. 12 $US (à payer en espèce et en $ américains) aucun service. Douche et toilettes publiques de propreté moyenne. Tous les VR sont cordés les uns à côté des autres. Pas vraiment intéressant pour nous, mais c’est un bon dépanneur pour une nuit dans cette partie du Mexique, la province de Sonora, étant considérée comme dangereuse.

RV Park, Punta Vista AWA View Point

Santa Ana, RV Park Punta Visa AWA View Point – Un grand stationnement en terre battue pour une dizaine de VR. 300 $M avec électricité. Vide sanitaire et eau de la ville (non potable). Un des rares campings dans les environs, tranquille, sécuritaire (clôturé) et proprio très aimable.

Bivouac à Casas Grandes

Casas Grandes, Bivouac sur la Plaza Casas Grandes – Trouvé sur iOverlander GPS: N 30o22’30.60, W 107o56’54.30. Très tranquille, nous avons vérifié avec les habitants si l’endroit était sécuritaire et n’avons rencontré aucun problème.

Chihuahua – Station services Permex Fresno (15 km au sud de Chihuahua) – Sur iOverlander GPS: N 28o32.418, W 106o10.082. Aucun choix de camping dans cette région. La station compte un dépanneur Oxxo (24 heures) et un petit casse-croute. On nous a confirmé que c’était permis et sécuritaire de dormir là. Beaucoup de camionneurs y passent la nuit.

Durango – Stationnement du Wallmart – tranquille et sécuritaire. Nous voulions aller au Balneario San Juan (sur iOverlander) mais la clôture était fermée et aucun signe de vie.

Camping Playa Amor

San Blas, camping Playa Amor – Grand terrain de pelouse, séparé de la plage par une balustrade. 200 $M/nuit avec tous les services. À 10 minutes à pied de Aticama où il y a plusieurs restaurants et une petite épicerie. On a eu droit à de la musique la première nuit jusqu’à 1 h du matin, mais ce fut très calme les deux nuits suivantes. Beaucoup de moustiques (ou de sandflies) le soir, mais rien dans la journée. Nous avons apprécié l’endroit. Proprio vivant sur le terrain par très jasant.

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7 commentaires sur “Rendez-vous manqué avec le Gran Desierto de Altar et une vraie fausse menace des cartels de drogue mexicains

  1. J’aime bien photo sous le toit de votre Tuk-tuk , vous êtes vraiment naturel ! Hahaha! Les paysages de cette région sont très beaux et plein de reliefs , très différents du Yucatan . Les photos sont toujours aussi belles et elles nous parlent de bien des façons . Très belle région .

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai que les paysages sont différents dans cette partie du Mexique par rapport au Yucatan. Du moins, de la partie que nous avons visitée ensemble qui est moins montagneuse. C’est autre chose.

      Sinon, je crois percevoir un peu de sarcasme dans ton premier commentaire. Pas grave, on t’aime quand même 😉

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  2. Superbes photos comme à l’habitude. Celles de l’iguane me rendent verte de jalousie hahaha :-). En vous lisant , on sent toujours un certain degré d’inquiétude ..que ou qui croire dans tout ce qui se dit du Mexique. Surtout que vous faites un voyage hors norme par rapport au tourisme régulier. Le Mexique va donc vous forger des nerfs d’acier . Je remarque dans la plupart de vos billets que vous arrivez souvent in extremis aux sites de camping ou aires de stationnements. Heureusement, vous semblez avoir une bonne étoile. J’ai hâte de lire la suite ….

    Aimé par 1 personne

    1. Salut Lise, hahaha! oui effectivement in extremis bien souvent. Nous avons une règle : celle de ne pas conduire de nuit (JP n’aime pas ça) peu importe où nous sommes, mais c’est encore plus vrai au Mexique. Pas nécessairement par crainte de méchants bandits 😉 quoiqu’il y ait bien des rumeurs voulant qu’il y ait des barrages visant l’extorsion des gens, mais surtout en raison des conditions routières. Il faut savoir qu’au Mexique, ils sont très friands de topes (ralentisseurs genre d’os d’âne) et il y en a partout et de toutes les formes et ils ne sont pas toujours annoncés. Donc, peut être assez dangereux. Mais sinon, en ce qui concerne l’inquiétude… je te dirais… il faut garder ça pour toi, que c’est surtout pour mettre un peu de piquant dans les textes🤫. C’est vrai qu’on entend toutes sortes d’histoires, mais il faut faire la part des choses et on est plutôt du genre à ne pas les croire sans toutefois être insouciants ;-).  Merci pour ton commentaire sur les photos.

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      1. Merci pour ces intéressantes précisions .En ce qui a trait au piquant littéraire, je suis la discrétion incarnée sauf que votre commentaire peut-être vu de tous les abonnés hahaha.

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  3. merci de très bonne photos question a SAN BLAS camping vous dites que le prix du camping est de 200 par nuit ce n est pas des dollars américain j espère au plaisir de suivre votre aventure merci

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    1. Merci Jean-Guy! En effet, il ne s’agit pas de $$ américains, nous n’y serions pas arrêtés ;-). Ce sont des pesos mexicains et aujourd’hui cela équivaut à environ 11$can. Il y a quelques semaines, 200$M équivalait plutôt à 15$can. Grande fluctuation du marché en si peu de temps!

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