Tarija, un long détour qui n’en valait pas la peine pour nous!

Tarija et route vers La Paz, du 11 au 16 mai 2025

Après notre fabuleux séjour dans le désert et une bonne nuit de sommeil, nous voici de nouveau sur la route en direction de Tarija dans le sud-ouest du pays, à environ 200 km (4 h 45). Selon nos informations, Tarija est surtout connue pour ses vignobles mais aussi pour ses condors. C’est surtout ce dernier sujet qui nous intéresse. Pour le premier, don’t drink and drive, encore plus dans un pays étranger, est notre devise.  

Mais, arrivés sur place, nous consacrons notre première journée à accentuer nos investigations pour trouver le sentier de la Valle de los condores, et surtout son point de départ. En vain ! Toutes les recherches tournent autour d’une ferme située à plus d’une heure de route dont les propriétaires seraient des aubergistes, des voyagistes, des guides, etc. Il faut dormir à l’auberge et partir pour deux jours (coucher en tente). Et c’est toujours la même information et le même produit qui apparaît dans Lonely Planet (1/2 page quand même !), Trip Advisor, etc. Et il n’y a rien d’autre chez les voyagistes de la ville. Après les nuits glaciales du Sud Lipez et du désert d’Uyuni, la nuit en camping ne nous motive pas vraiment. Si c’était en VR ça serait une autre histoire ;-). Nous sommes bien déçus. Certains diront « vous auriez dû vous informer avant de faire ce détour ! » Vous le savez, ça ne nous ressemble pas trop de tout planifier. Nous assumons ! D’ailleurs, nous avons déjà écrit que la phrase « on aurait donc dû » a été bannie de notre vocabulaire depuis fort longtemps.  

Mais bon, nous trouvons autre chose à voir, la Cordillera de Sama Biological Reserva située à environ 2 h de route (100 km). Il s’agit d’une zone avec des dunes et deux lagunes de sel et des flamants roses. Nous nous y rendons le lendemain et y passons tout de même quelques heures à marcher dans le sable. Il n’est pas aussi blanc que celui du White Sand National Park du Nouveau-Mexique et les dunes ne sont pas aussi hautes que celles du Great Sand Dunes National Park du Colorado, mais quand même. Est-ce que ça valait le détour ? Un gros bof!

Un mot sur la ville de Tarija. Elle est située à une basse altitude (1840 m) 😉 et compte plus de 200 000 habitants. Son climat est tempéré, ce qui favorise les cultures et l’élevage et lui permet de s’enorgueillir de ses nombreux vignobles qui y sont bien établis. À l’instar de toutes les villes coloniales, on y retrouve un petit centre historique et une place centrale, la Plaza Luis de Fuentes avec d’immenses palmiers. Mais il n’y a rien à visiter excepté quelques églises. Par contre, nous y avons très bien mangé dans de superbes restos.

Le 15 mai, nous reprenons la route pour le nord. Nous avions planifié trois jours pour nous rendre à La Paz, la capitale du pays. Selon GoogleMap, une première journée jusqu’à Potosí, 350 km à parcourir en 6 h 40, une deuxième pour Oruro, 311 km et 5 h 20 et une troisième pour La Paz, 225 km, 4 h de trajet. Pour notre première nuit, nous avions réservé une petite auberge un peu à l’extérieur de Potosí et à une vingtaine de kilomètres sur du gravier, mais au moins nous évitions d’entrer dans la ville et le trafic. L’auberge (Cabaña la Rinconada) est perdue au bout du chemin et à une hauteur non négligeable de près de 5000 m d’altitude… C’est encore plus haut que Potosí, chose à laquelle nous n’avions pas du tout pensé. Jorge, le propriétaire fort sympathique voulait tellement jaser avec nous en espagnol et quelques mots d’anglais, c’est donc Dominique qui assure la conversation. Il est inquiet pour nous à cause de la différence d’altitude et nous bourre d’infusion de coca. On espère malgré tout bien dormir cette nuit. Sa conjointe, bien gentille également nous a préparé un bon souper de truite et nous n’avons pas veillé tard. Jorge nous a cependant informé que le chemin entre Oruro et La Paz était une autoroute à quatre voies et que nous pouvions assez facilement nous rendre à La Paz le lendemain. Bien d’accord dans la mesure où nous partons tôt. Or, selon la pancarte à la porte, le petit-déj n’est servi qu’à 8 h 30. Après discussion, il nous sera servi à 7 h.

Dès notre retour sur la route principale, nous nous mettons à la recherche d’essence. Toutes les stations que l’on voit sont soit fermées, soit il y a une longue file d’attente. Ouin, on a bien sûr entendu parler de la crise du pétrole et des files d’attente, mais nous n’avions pas rencontré de problèmes d’approvisionnement depuis le début de notre voyage. Nous poursuivons quand même notre route et, évidemment, plus nous avançons plus le réservoir se vide et la marge de manœuvre s’estompe. Il nous faut trouver une solution bientôt.  

Nous arrêtons dans quelques petites villes pour demander aux gens s’il y a de l’essence quelque part. Finalement, en rôdant autour d’une station-service, nous apercevons une dame avec des bidons de 20 litres avec l’indication Hay gazolina (nous avons de l’essence). Nous lui en prenons un de 20 litres à 140 BOB, soit 7 BOB du litre alors que le prix régulier partout au pays est de 3,74 BOB/litre, près du double du prix. On appelle ça le marché noir ! En dollars canadiens, le coût normal est de 0,75 $/l (3,74/l) tandis que celui sur le marché noir est de 1,40 $/l. C’est quand même pas si mal.    

Ce bidon nous permettra facilement de nous rendre à La Paz où nous arrivons vers 16 h 30, fatigués et aussi, bien stressés après plus de huit heures de route.

En fait, La Paz est située à plus de 3000 m d’altitude, mais dans le fond d’un bol entouré de montagnes. Pour atteindre le centre-ville, il faut descendre d’environ 800 à 1000 m dans des rues étroites et entrelacées et au fond, ce n’est pas plat pour autant. Il faut donc réapprendre à manier à la fois, pédale d’embrayage, pédale d’accélération et frein à main. Comme tout le monde est habitué, l’arrêt au feu de circulation, en montant une côte abrupte, à 17 h en plein trafic, ne nécessite pas de garder une distance raisonnable entre les automobiles. Oh que non ! On se colle le plus possible, au cas où l’on puisse dépasser…

Vous nous voyez venir n’est-ce pas ! En débrayant trop vite, le moteur s’étouffe, la jeep recule d’à peine 60 cm, et vlan, dans la voiture derrière nous ! Et ça klaxonne sans arrêt. Nous repartons et tournons à droite à la prochaine rue pour nous enlever du trafic et nous arrêter. La voiture derrière nous nous dépasse en colère et se plante devant nous. La jeep n’a rien, mais le pneu de secours situé à l’arrière a enfoncé le capot et la calandre du véhicule. Le chauffeur et sa femme sont furax, ils nous engueulent et là, c’est le bordel. Dominique essaie de s’entendre avec le chauffeur, une passante s’en mêle et tente de nous aider, elle arrête une autre personne qui semble un homme d’affaires et qui se débrouille très bien en anglais… Finalement, Jean-Pierre parle au représentant de Europcar à Santa Cruz qui nous envoie rapidement deux employés de la compagnie basée à La Paz. Après de longues discussions tantôt en anglais, tantôt en espagnol, les représentants de Europcar nous offrent deux options. A, nous payons cash une somme de 1500 BOB (300 $CAN) au conducteur (au début des pourparlers, il ne demandait que 600 BOB à Dominique) et on n’en parle plus ou B, nous nous rendons au poste de police pour obtenir un rapport d’accident, le conducteur ira probablement dans un garage faire évaluer ses réparations et nous devrons de toute façon payer les dommages puisque notre franchise sur notre couverture d’assurances dépasse largement ce montant (3000 $US). 

Un choix bien simple ! Un peu simpliste et inhabituel pour nous avec notre système no fault, mais bon. JP se rend au guichet, paie le monsieur et s’entend avec les gens de Europcar à l’effet que nous irons à leurs bureaux le lendemain pour s’assurer que la jeep n’a aucun dommage. On ne sait même pas le nom de ce chauffeur, mais nous sommes convaincus qu’au Québec ça lui couterait définitivement plus cher que ça (au bas mot plusieurs milliers de dollars ) pour faire réparer son auto. En conclusion, nous nous en tirons à très bon compte.

Et tout se passe à 5 minutes de l’hôtel où nous arrivons après plus de deux heures d’énervement et de stress. La bière est bonne, la vue du resto de l’hôtel est époustouflante et le repas succulent! Ça, nous requinquent pour la suite! Bienvenue à La Paz !

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3 commentaires sur “Tarija, un long détour qui n’en valait pas la peine pour nous!

  1. Toute une randonnée en voiture pour se rendre à La Paz, mais quels paysages vous avez vus, c’est merveilleux! Les photos sont superbes. J’avais lu dans le Courrier du Sud que deux québécois avaient eu un accrochage avec leur voiture à La Paz et qu’ils s’en étaient bien tiré! C’est donc vous,  »ma gang de malade ». Une chance qu’il y a de bons samaritains dans la vie, ça allège le fardeau. Vous l’avez échappé belle , imaginer dans les montagnes que vous veniez de traverser…… Comme vous l’écrivez, la vue est spectaculaire sur La Paz. Ce doit être une ville très active. J’espère qu’il sera plus facile de s’approvisionner en essence dans cette ville! Bien hâte de lire encore…

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    1. Salut Jo, désolée de notre réponse tardive. C’était effectivement de nous que parlait le journal ;-). Effectivement, il y a du bon monde partout sur la planète et nous avons grandement apprécié l’aide de la jeune femme. Quant à la vue, Comme tu le verras dans notre prochain billet, sous un autre angle, la vue en hauteur sur La Paz est spectaculaire. Je n’en dis pas plus. À +

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