La Paz, une ville qui donne le vertige et coupe le souffle!

La Paz, du 15 au 20 mai 2025

Compte tenu de notre arrivée un peu mouvementée à La Paz, nous avons décidé d’aller au restaurant de l’hôtel situé au dernier étage (8e). La vue magnifique nous permet de constater encore plus le phénomène du bol avec des rebords très hauts et très éclairés. En fait, il s’agit d’un canyon entouré par les hautes montagnes de l’Altiplano. 

Le lendemain, après un peu de planification pour le reste de la journée, nous nous rendons d’abord chez Europcar. Notre contact nous reçoit et puis le mécanicien vérifie tout, y compris le niveau de lave-vitres et le filtre à air (quel rapport !?!). Mais bon, tout est OK et elle se chargera du suivi auprès de son collègue à Santa Cruz pour qu’il ne refasse pas de nouvelles inspections et ne trouve ou n’invente autre chose. Et nous retournons stationner l’auto à l’hôtel où elle restera garée pour tout notre séjour. Aucune envie de notre part de nous balader en voiture dans la ville ;-).

Nous descendons vers les rues Sagarnaga et Linares où il y aurait des boutiques d’artisanat. En arrivant au coin de Sagarnaga, il y a la Basilica Menor Nuestra Senora de Los Angeles, une église du XVIIIe siècle que nous visitons rapidement malgré l’importance des dorures et fioritures à l’intérieur.

Et voilà le jackpot ! Ces deux rues qui se croisent sont les plus touristiques que nous ayons vues en Bolivie. Ça parle français et allemand un peu partout (n’oubliez pas qu’il s’agit des deux communautés touristiques les plus importantes de Bolivie). Des boutiques de souvenirs et d’artisanats, des restaurants, des hôtels et des voyagistes à profusion. Beaucoup de bebelles fabriquées en Chine garnissent les tablettes de la majorité des boutiques, cependant, certaines d’entre elles offrent de très beaux choix d’artisanats boliviens.

Nous y passons le reste de la journée non sans nous rendre à l’extrémité de la rue Linares où se trouve le Mercado de las Brujas (le marché des sorcières). C’est l’endroit pour dénicher des remèdes traditionnels, des fœtus de lamas pour les potions, des diseuses de bonne aventure et des amulettes de tout genre. La tentation est forte pour nous faire prédire notre avenir, mais, finalement, nous laissons tomber juste à cause de la langue… 

Pas facile d’accès en raison de nombreux barrages de police limitant l’accès aux alentours du Palais présidentiel et du Parlement situés tout près, nous nous arrêtons au Museo Nacional de Arte sis dans un palais colonial construit en 1775. L’exposition permanente nous ravit avec ses œuvres d’artistes féminines.

Pour notre deuxième journée, nous nous rendons au Museo de Textiles Andinos de Bolivianos (vous savez maintenant que le textile nous obnubile, du moins une en particulier !) à environ une trentaine de minutes à pied de notre hôtel. Fermé pour rénovations, visite envisageable sur rendez-vous seulement. Mais impossible le lendemain puisqu’il y a un événement spécial et aucune disponibilité pour les jours suivants. C’est bien notre veine. Nous pourrons dire que nous nous sommes cogné le nez à la porte des musées plus souvent qu’à notre tour au cours de ce voyage. 

Nous reprenons notre marche en direction du magnifique Museo Nacional de Etnografia y Folklore qui, comme son nom l’indique, se consacre au patrimoine ethnologique et à la diversité culturelle des zones rurales et des centres urbains du pays qui cumule plus d’une trentaine d’ethnies. Il compte plusieurs salles, mais nous avons particulièrement apprécié (évidemment) les superbes tissages provenant de toutes les régions de la Bolivie et de différentes époques ainsi que l’intéressante collection de masques rituels. Bizarrement, on y en trouve un qui ressemble réellement à David Suzuki. Dominique a l’imagination fertile ;-). À notre avis, il s’agit de l’un des plus beaux, sinon le plus beau musée du pays.

Nous poursuivons vers la Calle Juén, la rue la mieux préservée du pays. Évidemment, c’est l’heure du lunch et les quatre musées qui s’y trouvent n’ouvrent qu’après 14 h, d’autant plus que c’est la « Nuit des musées », et le resteront toute la nuit. (Le Museo de textile aussi, mais nous l’avons su trop tard.) Nous allons donc grignoter un peu avant de nous rendre au Museo Costumbrista où sont exposés des objets d’art, des photos et des céramiques illustrant l’ancienne La Paz. Puis à la Casa de Murillo— l’un des meneurs de la révolution — qui contient des œuvres d’art et du mobilier colonial de l’aristocratie bolivienne. Ces visites ne nous enthousiasment pas plus qu’il le faut. Dans la même rue, il y a la galerie d’art Roberto Mamani Mamani, très célèbre artiste bolivien d’origine ethnique Aymara reconnu mondialement. Inspirées des symboles et des traditions de son ethnie, ses œuvres particulières et très belles se déclinent sous toutes sortes de supports, de l’original sur toile à la tasse, en passant par la carte postale ainsi que par le drapeau et on en passe. Nous cherchons une pièce que nous pourrions rapporter à la maison, mais le style et les couleurs flamboyantes ne correspondent malheureusement pas à ce que l’on souhaite.

Dans notre planification des activités à réaliser à La Paz, nous avions prévu de nous rendre à La Laguna Esmeralda, un lac très clair issu du glacier Charquini maintenant fondu en grande partie. Mais compte tenu des conditions routières… nous avons préféré y aller avec un groupe. Ce sera plus simple. Nous retournons donc vers nos rues touristiques et trouvons facilement une excursion pour le prochain jour. S’ensuivent un petit souper rapide et un retour à notre hôtel qui se situe quand même à une trentaine de minutes à pied de ce quartier.  

Le lendemain, le minibus de notre voyagiste arrive à l’heure convenue, soit à 7 h 30. Nous sommes les premiers à monter à bord et commençons la tournée des hôtels pour recueillir les autres participants. À un arrêt, la guide du groupe informe Dominique qu’une des passagères se nomme aussi « Tremblay » (avec un gros accent de r roulés). Ha bon ! Nous nous saluons, mais nous n’avons pas le temps de lui parler pour l’instant puisqu’elle doit s’asseoir dans le dernier banc à l’arrière. Une dizaine de personnes composent le groupe dans le bus.

Et c’est le départ pour grosso modo deux heures de trajet, ponctué de quatre arrêts. Par des petits chemins cahoteux connus que du chauffeur, nous grimpons les murs de notre vallée et roulons dans la banlieue de la ville appelée El Alto. (El alto compte plus d’un million d’habitants et il s’agit des quartiers moins aisés de La Paz.)

Notre premier stop, au Mirador Jilirata, nous place juste en face du Nevado Charquini, vers lequel nous nous dirigeons, ainsi que des monts Chacataya et Huayna Potosi. Ce dernier domine les environs et culmine à plus de 6 000 m d’altitude. 

Le deuxième arrêt à la Laguna Colorada nous permet de constater les dégâts de l’exploitation minière. À première vue, c’est très joli ce paysage avec ce lac aux eaux rouges. Mais en réalité, il est pollué et impropre à la consommation pour les animaux de la région à cause des déversements d’une petite usine de traitement du minerai. 

Le  cimetière de Milluni constitue notre troisième arrêt. Déclaré Patrimoine culturel et touristique par la ville de El Alto puisqu’y sont enterrés les mineurs et leurs familles tous tués par l’armée en mai 1965. Le but de ces meurtres? Prendre le contrôle de la mine de Milluni et perturber les transmissions de la radio minière du Huayna Potosi

Finalement, nous nous arrêtons dans le village de Milluni encore en activité aujourd’hui et où il y a des toilettes et bien sûr une boutique de souvenirs. C’est là aussi que nous devons payer notre droit d’entrée dans le parc. 

Vers 11 h, nous arrivons à notre point de départ, le camp de base situé à 4600 m d’altitude. Selon les explications de la guide, la montée pour atteindre la Laguna Esmeralda se classerait dans la catégorie relativement facile en terrain dégagé pour un dénivelé de plus de 400 m sur deux kilomètres.  Cependant, dans la bible des randonneurs, l’application All Trails, ce sentier figure plutôt au plan des sentiers classés difficile. La lagune est à 5024 mètres. Le plan de match consiste à une ascension d’une heure pour rejoindre le lac, une autre heure sur place puis retour au point de départ.  

On fait aussi connaissance de Nathalie Tremblay, une dentiste à la retraite de Hull et qui est à La Paz comme coopérante pour un mois. Elle fait la tournée de cliniques dentaires et d’hôpitaux de la région pour aider à l’amélioration des soins aux Boliviens. Ce qui n’est pas une mince tâche selon ses dires et nous n’en doutons pas.

Et c’est parti ! Mais Jean-Pierre s’essouffle rapidement. Tranquilllemeeenntt ! Répète as nauseam la guide. Trois pas et on arrête… À plus de la moitié du parcours, Dominique et Nathalie prennent les devants parce qu’il faut bien respecter les délais du groupe. Jean-Pierre continue un peu, mais à cette vitesse il arrivera en haut alors que les autres seront repartis. Il opte plutôt pour une belle grosse roche pour admirer le paysage en attendant les filles qui reviennent enchantées de leur montée qui leur a pris 1 h 15.

C’est une magnifique activité à inscrire sur sa liste à La Paz et qui vaut le détour même si JP est déçu de n’avoir pu se rendre. Il doit se contenter de regarder les photos et la vidéo. Et c’est le retour vers la ville et nos hôtels respectifs pour se reposer et se rafraichir avant de retourner au centre à pied pour le souper.

Nous avons rendez-vous avec Nathalie dans un restaurant de la rue Sagarnaga. Nous jasons de tout et de rien, c’est une bien belle rencontre. Par la suite, puisqu’il est trop tard pour marcher (question de sécurité), nous prenons un taxi jusqu’à notre hôtel. Parlant de taxi, La Paz ne déroge pas des autres villes boliviennes pour la qualité de leurs véhicules. En gros, ils doivent avoir plus de 20 ans, la présence de phares et de lumières intérieures et extérieures est optionnelle, les amortisseurs doivent être défoncés, etc. Évidemment, c’est caricatural, un peu en tout cas, mais c’est la réalité des Boliviens et c’est aussi 3 $ CAN pour une course de 2,5 km. Ainsi va la vie !

En cette dernière journée à La Paz, nous devons absolument tester le célèbre téléphérique, le plus long au monde, mais avant, petit arrêt au marché local situé à deux pas de notre hôtel. Il est immense, mais pas nécessairement le plus photogénique.

En quelques chiffres, le téléphérique c’est 1400 cabines, 36 stations et dix lignes distinctes pour un total de 30,5 km. Le réseau peut transporter jusqu’à 31 000 passagers par heure et par sens, soit de 250 000 à 300 000 passagers par jour. Les trois premières lignes ont été ouvertes en 2014 alors que la dixième a été inaugurée en 2019. Quant au prix, des pacotilles pour nous, soit 3 bolivianos (0,60 $ CAN) par personne, par ligne et par direction, mais il baisse lorsqu’on emprunte plus d’une ligne. Le téléphérique n’est pas une patente touristique, c’est le métro des travailleurs qui voyagent surtout de El Alto sur le plateau vers le centre-ville. Nous avons pris 8 lignes pour faire le tour de la ville en quelques heures et ça nous a couté à peine 35 bolivianos (7 $ CAN). Et c’est franchement moderne, propre et impressionnant. Un must !

Nous passons le reste de la journée dans les rues touristiques afin de compléter quelques achats.

Ainsi se termine notre (finalement) très beau séjour à La Paz. Nous n’avions pas trop d’attente de cette grande ville, mais elle a réussi à nous faire de l’oeil, malgré une arrivée des plus mouvementées. Demain, nous prenons notre courage à deux mains pour sortir de la vallée avec la voiture, direction vers le plus haut lac du monde, le réputé lac Titicaca. (Petit caca comme dit Jules, notre petit fils de deux ans.)

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4 commentaires sur “La Paz, une ville qui donne le vertige et coupe le souffle!

  1. Toute une ville avec beaucoup d’intérêt! Je comprends très bien que la voiture soit exclue de vos déplacements. Quand même, impressionnant cette vue de votre hôtel sur cette ville. Et que dire des marchers? Est-ce que ta sorcière Jean-Pierre à eu un intérêt pour les fœtus de lamas, une potion magique pour toi peut-être? J’aurais aussi aimé visiter le Museo Nacional de Arte , très coloré avec de beaux tableaux. Par contre le Museo Nacional de Etnografia y Folkloreavec semble plus ludique avec ces masques. Je n’ai pas reconnu David Suzuki sur les photos?

    Les randonnées urbaines dans cette ville ont une autre saveur que les nôtres. Gravir une montagne, métro aérien c’est toute une aventure en ville. Vraiment impressionnant. Je pense que je serais restée avec Jean-Pierre pour qu’il ne se sente pas trop seul sur son rocher.C’est toute une ville.

    Pour l’avoir visiter, j’ai bien en hâte de vous lire sur le Lac Titicaca.

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    1. Oui La Paz n’a pas du tout la même saveur que nos villes du Québec et de bien d’autres pays dans le monde, et surtout on doit prendre son temps pour la marcher, altitude oblige. C’est aussi très amusant de visiter la ville en téléphérique, et même si certaines lignes vont jusqu’en haut de la. montagne, la hauteur en tant que telle du téléphérique est toujours la même, donc moi qui avait peur d’avoir le vertige, ce ne fut pas trop le cas.

      Par ailleurs, je suis bien surprise que tu n’aies pas trouvé David Suzuki ;-). Regarde-les encore une fois!

      On se voit très très bientôt!

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