Lac Titicaca, à l’origine des Incas !

Copacabana, du 20 au 23 mai 2025 

Pour sortir de La Paz, nous avons vaincu notre stress de quitter la vallée par des rues étroites. Google Map donne souvent des raccourcis sous forme de petites artères étriquées et tortueuses pour économiser trois secondes et demie mais omet quelquefois d’identifier les sens uniques. Ces derniers n’étant pas toujours bien indiqués. Mais tout s’est bien passé et nous avons fait plusieurs kilomètres dans El Alto où on a l’impression qu’un bâtiment sur deux est en construction. C’est comme en Asie du Sud-Est, les étages s’édifient au fur et à mesure que les appartements sont vendus ou que la famille a les moyens de poursuivre les travaux. D’ailleurs à quelques reprises, nous avons eu des hôtels avec de gros escaliers en ciment à l’intérieur ne menant nulle part !

Après trois heures de route — 140 km —, le fameux lac Titicaca et ses rives apparaissent au loin. Immense, il mesure environ 190 km de longueur par 80 km de largeur dont grosso modo 44 % de la superficie se situe en Bolivie et le reste au Pérou. Aussi, c’est le lac navigable le plus élevé au monde avec ses 3812 m d’altitude et le plus grand lac d’eau douce d’Amérique du Sud. Mais surtout, selon une légende, Manco Capac, le présumé fondateur de la dynastie inca, serait issu du lac Titicaca, notamment de la Isla del Sol, avant d’aller s’installer à Cuzco au Pérou.

Quant à Copacabana, la ville est située dans une presqu’île dont la majorité de la superficie, ainsi que le lien terrestre appartiennent au Pérou. Pour les visiteurs de la Bolivie, il faut prendre un modeste traversier. C’est-à-dire un bac en bois qui contient deux véhicules seulement, un gros et un petit selon l’arrivage et qui est propulsé par un moteur hors-bord de 50 hp et un unique homme d’équipage. Il en coûte 47 bolivianos, soit environ 10 $CAN pour l’emprunter et les mesures de sécurité sont, disons, minimales. Mais bon, ça nous traverse le chenal en une quinzaine de minutes.

Nous parvenons à Copacabana par l’arrière en provenance des collines de sorte que nous pouvons profiter d’une belle vue du village et du lac. Ce n’est pas la célèbre plage de Rio de Janeiro ni le fameux Resort très populaire du Mexique, mais juste une petite ville d’à peine 6 000 âmes sur le bord du lac Titicaca et sur la route entre Cuzco — Machu Picchu au Pérou — et La Paz.

Arrivés en ville, nous nous installons confortablement à notre hôtel et allons marcher sur la berge du lac et dans les quelques rues touristiques. Il y a évidemment des restaurants, des boutiques de souvenirs et des voyagistes qui organisent des tours à la Isla del Sol. C’est la plus grande île du lac — environ 10 km par 5 km — et elle compte encore quelque 2000 habitants, des Quechuas et des Aymaras répartis dans trois villages et qui vivent surtout de l’agriculture. Depuis les dernières années, le tourisme s’est beaucoup développé et il y aurait de plus en plus d’auberges et de restos. L’intérêt de Isla del sol c’est bien sûr les nombreux vestiges incas, l’île constituant le berceau de cette civilisation ainsi que la tranquillité, il n’y a ni route ni véhicule à moteur, et les vues magnifiques sur le lac. Nous nous informons sur les circuits et les départs pour le lendemain. 

Pour le premier soir, nous mangeons à l’hôtel, nous apprécions la bouffe quoiqu’un peu cher, tout comme l’hôtel d’ailleurs. Probablement le plus dispendieux de Copacabana, mais surement le plus confortable avec une jolie vue sur le lac. 

Le lendemain matin, nous allons visiter la cathédrale dont la construction a débuté vers 1605, pour ne se terminer que vers 1800. Ils n’étaient pas vraiment pressés. Puis, nous réservons directement sur le quai, le bateau pour aller à la Isla del Sol à 11 h 30. Nous nous rendons compte que même s’il y a plusieurs voyagistes offrant des croisières sur les îles, ce sont toujours les mêmes circuits et les bateaux semblent faire partie d’une même coopérative.  

À l’heure dite — le bateau rempli à pleine capacité —, c’est parti pour une heure quinze de traversée. Le guide/animateur de la croisière, après les mesures de sécurité, explique les activités possibles sur l’île, et propose un tour guidé, que nous acceptons pour 30 bolivianos — 6 $CAN — par personne. En arrivant, nous prenons l’escalier des Incas, en pierre évidemment, qui nous amène presque au sommet de l’île. Il faut y aller tranquillement et ne pas oublier que nous nous retrouvons à plus de 4000 m d’altitude. À mi-chemin, il y a une fontaine datant de la période inca d’où sort une eau magique censée donner la jeunesse éternelle. Le guide nous avise de ne pas boire cette eau, mais ça ne dérange aucunement les membres du groupe qui sont tous Boliviens à part nous. Faisant fi des instructions, plusieurs s’y abreuvent tout en faisant un vœu, même s’ils ne sont plus des jeunots…

Nous suivons par la suite un sentier sur la crête de l’île. C’est de toute beauté. On croise quelques petites auberges et on se dit que ç’aurait été bien agréable de dormir une nuit sur l’île, comme le suggère fortement d’ailleurs le Lonely Planet. Tant pis ! Nous nous pausons sur le terrain d’une famille qui a le sens des affaires. Le fils d’à peine 10 ans vend des breloques de toutes sortes — il en compte même plusieurs kits différents lui permettant de venir nous voir plusieurs fois en proposant d’autres produits. L’adolescente offre de prendre une photo avec leur lama alors que la mère sert le thé, moyennant des contributions évidemment. Mais tout ça est fait avec douceur, discrétion et sans aucune pression de sorte que ce n’est pas irritant et que dire du panorama.  

Après cette belle pause, nous redescendons vers le sud de l’île où nous visiterons rapidement le temple du soleil encore bien conservé et regagnerons le bateau pour Copacabana. Une demi-journée qui est passée très vite et qui vaut tout à fait le détour.

Le lendemain, dernière journée à Copacabana, il nous faut deux choses : a) Trouver de la gazolina et b) décider de notre prochaine étape. Pour le premier point, nous demandons à l’accueil de l’hôtel et on nous propose d’abord les deux stations d’essence officielles, lesquelles, nous le savons, auront des fils d’attente de plus de 24 h. Après insistance, on nous indique les spots de marché noir. Ouf! JP ira plus tard faire le plein (30 litres pour 300 bolivianos/60 $ CAN).  

Quant à la prochaine étape, c’est plus compliqué. Au départ, nous avions planifié aller passer 5-6 jours à Coroico dans les monts Yungas au nord-ouest de La Paz à la limite de l’Amazonie. Mais les hôtels confortables, on s’entend, se font rares et ceux avec un stationnement, encore plus. De sorte que nous n’avons rien trouvé de disponible. Et nous nous trouvons à 1000 km (20 heures de route) de Santa Cruz où nous devons rapporter l’auto et prendre notre avion de retour.

Après bien des discussions et des calculs d’itinéraires, nous décidons donc de redescendre vers le sud et revenir par Sucre et ensuite Samaipata de nouveau pour quelques jours chacun avant de rentrer à Santa Cruz. Ainsi, nous finirons bien penauds, notre voyage sachant déjà que nous y serons confortables et qu’il y a bien de quoi se distraire. Cette décision reflète en fait la faiblesse de l’infrastructure touristique et hôtelière, en particulier, de la Bolivie. Il existe en effet de nombreux parcs nationaux que nous aurions aimé aller visiter, mais il n’y a pas d’établissements hôteliers adéquats à proximité. C’est vrai dans les Yungas, mais aussi dans plusieurs autres endroits ailleurs au pays. 

Demain, donc, en route vers Oruro notre première étape dodo !

Si vous avez aimé ce billet, n’hésitez pas à aimer et à partager pour nous aider. Encore mieux, laissez-nous un commentaire. Abonnez-vous à notre blogue pour recevoir nos infolettres par courriel et ne pas louper nos billets.

2 commentaires sur “Lac Titicaca, à l’origine des Incas !

  1. Le lac Titicaca, une belle expérience à vivre, c’est magnifique! Ce sont de beaux souvenirs qui me reviennent en vous lisant.

    On comprend facilement avec cette altitude que les constructions comme une cathédrale prennent beaucoup de temps. Ce sont des efforts titanesques qu’il faut déployer!

    Dominique, tu ne sembles pas trop à l’aise avec l’alpaga!

    Superbes les photos.

    Aimé par 1 personne

Répondre à johanne-tremblay2011@hotmail.com Annuler la réponse.